IPhone X: Le DLSR Killer?

Pourra-t’on bientôt se passer d’une caméra ou d’un appareil photo pour réaliser des vidéos? Chaque année, les fabricants de smartphone augmentent les caractéristiques de leurs appareils au point d’offrir un outil réellement compétitif avec des fonctionalités surpassant même les meilleures caméras du marché. Bye bye les DLSR? C’est ce que nous allons voir.

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Ceci est une révolution

Inutile de le nier: la puissance des smartphones ne fait que se décupler avec le temps.  L’iPhone X embarque un processeur 64bit équipé d’un tout nouveau moteur neuronal et de coprocesseurs dédiés aux applications graphiques. Il offre deux objectifs sur chaque face: Un grand angle affichant une ouverture allant jusqu’à F1.8 et un téléobjectif avec une ouverture de F2.4. Équipé d’un filtre infra-rouge, d’un système de stabilisation optique, Apple a également mis au point une floppée de programmes dédiés à la reconnaissance faciale et à l’amélioration de l’image. Niveau vidéo, la marque à la pomme nous propose de l’enregistrement 4K jusqu’à 60 images/secondes (!!!) et des ralentis en full HD allant jusqu’à 240 images / secondes. Le tout avec une réduction du bruit vidéo et un encodage en H264 et HEVC. Si un appareil photo offrait une fiche technique aussi monstrueuse, nul doute qu’il deviendrait la star des vidéos-blogueurs.

Une caméra dernier cri toujours en poche

Et c’est bien cela qui avantage les smartphones face à nos boitiers encombrants: notre téléphone nous accompagne de jour comme de nuit. On passe en moyenne 2 heures par jour les yeux rivés sur ce petit écran.

Dès lors, lorsque l’on voit une image qui nous impressionne, il nous suffit d’un clic pour la capturer. C’est un outil incroyable pour tous réalisateur ou photographe qui souhaite ‘prendre des notes’ en préparation à un shooting par exemple.

À cet égard, disposer d’une meilleure qualité est plus qu’appréciable. D’autant que le smartphone va automatiquement améliorer le rendu final, donc on peut dire que si vous êtes incapable de prendre une bonne image avec un iPhone, vous n’y arriverez probablement pas avec un DLSR plus manuel. 

Quid de l’usage professionnel?

Alors que les puristes raillent l’usage du smartphone en tant qu’outil professionnel, le secteur des news n’a pas attendu.

Et il n’est pas rare de voir un journaliste faire son standup lui-même avec un IPad et un support. Voilà de quoi effrayer la profession  tant il est vrai que ce genre d’outil ne coûte rien (1200 euros) au regard du prix d’une caméra broadcast standard, même d’entrée de gamme (au bas mot 30.000 euros avec un objectif, sans compter le cadreur).

Pire, la qualité de l’image de l’Iphone ou du Samsung risque d’être bien meilleure. Et d’offrir plus de facilités pour la diffusion live via Skype ou Facebook par exemple.

À ce jour, la seule vraie limitation du smartphone pour les news concerne l’objectif utilisé qui limite les possibilités de Zoom ainsi que le faible rolling shutter qui a tendance à faire des effets de bocal lors des mouvements rapides. Mais cette dernière limitation ne sera sans doute plus d’actualité dans les prochains modèles. 

Et le cinéma?

Michel Gondry a réalisé un court-métrage à l’iPhone. Intitulé ‘Détour’, le réalisateur a tiré parti du petit format de la caméra pour réaliser assez simplement des plans qui seraient beaucoup plus compliqués à obtenir avec un rig classique. 

 

Tangerine est un long-métrage entièrement tourné à l’iPhone qui a fait sensation au Sundance Film Festival. Pour obtenir une image cinématographique, le directeur photo a utilisé un petit adaptateur anamorphique afin d’obtenir le fameux look cinéma, cher à tous les filmmakers du monde entier. 

Panasonic, Sony, Red et Arri ont-ils du souci à se faire?

Ce qui est certain, c’est que l’on va commencer à se poser des questions quant à la technologie embarquée sur les caméras haut de gamme. Qu’il n’y ait pas le moindre stabilisateur optique du capteur et très peu de connectivité sur les modèles de bases en devient franchement génant.

 

Néanmoins, le plus gros avantage des appareils photos et autres caméras en tous genres consiste à pouvoir fixer des objectifs devant le capteur. Et bien sûr, c’est là que les smartphones sont clairement hors jeu. On imagine mal Hollywood se passer du look unique des optiques Panavision, Angenieux ou autres Cooke. De la même manière, le fait de ne pouvoir récupérer qu’un fichier compressé disqualifie pour l’instant les smartphones dès qu’il s’agit de réaliser un film qui nécéssite un tant soi peu de post-production. 

L’histoire est en marche et elle évolue très clairement dans le sens d’une technologie toujours plus puissante et toujours plus accessible en terme d’images. Mieux vaut s’en réjouir même si il est clair que des corps de métiers entiers vont en être impacté. Et à contrario, le perfectionnement technologique a tendance à faire ressurgir les bonnes vieilles techniques analogiques et l’on voit encore beaucoup de réalisateurs qui préfèrent la pellicule d’antan face aux capteurs CMOS. Enfin, la caméra reste avant tout un outil, aussi perfectionné soit-il. Dès lors, seul compte réellement l’oeil du caméraman ou du photographe. Lui seul pourra faire la différence sur le set que ce soit avec un smartphone ou une Red Epic.